Personal history – Katharine Graham

by matthieu 6/13/2009 6:23:02 AM

graham

Katharine Graham est née en 1917 et morte en 2001 à l’âge de 84 ans. Tout le monde connaît le Washington Post et  surtout  son enquête sur l’affaire du Watergate qui déboucha sur la démission de Richard Nixon. Mais on connaît moins, surtout en France,  la personne qui dirigea le journal durant ses annés cruciales. Dans cette autobiographie publiée en 1998 la femme d’affaires américaine raconte bien sûr beaucoup plus que le scandale du Watergate. Délaissée par son père qui deviend millionaire dans la finance et par un mère pas très interessée par l’éducation de ses enfants, la petite Katharine est influencée par ses gouvernantes puis par ses soeurs et frères plus âgés.

Sa vie privilégiée et on peut dire très respectueuse des normes sociales de l’époque concernant les femmes l’amène à prendre un job de journaliste à San Fransisco après des études à Chicago. Mais en rencontrant son futur mari Philip Graham, elle devient l’épouse typique de la bourgeoise de Washington : elle suit son mari de base en base quand il est mobilisé pendant la second guerre mondiale, élève les enfants et s’occupe d’oeuvres de charité.

Son père a acheté le Washington Post lors d’une vente aux enchères en 1933, le journal est alors en faillite. Phillipy est de plus en plus présent après la guerre. Il est aussi très impliqué dans la vie politique, écrivant des discours pour Johnson, Kemmedy et participant au choix de Johnson comme vice-président. Il achète aussi des stations de télévision ainsi que Newsweek. Katharine est toujours à ses côtés bien qu’elle soit la cible de ses sauts d’humeur. Ceux-ci deviennent de plus en plus fréquents et une schizophrénie non nommée se développe. Mal soignée même pour l’époque, il se suicide lors d’un week-end avec son épouse dans leur maison de campagne.

C’est ici que commence la seconde vie de Katharine, elle ne se remarie pas mais dévouera le reste de sa vie ou presque à l’expansion du journal. Cela ne sera pas facile d’abord parce que comme elle le reconnaît elle n’a pas d’expérience en managanement, en finance (d’autant plus importante quand la compagnie sera côtée). Et puis une femme présidente de compagnie dans les annés 60 c’est rare. La rencontre avec Warren Buffet est alors primordiale, ce dernier devient actionnaire puis membre du directoire et surtout va éduquer aux rouages de la finance et de la conduite déntreprise.

Elle va survivre à deux attaques frontales de l’adminitration Nixon lors des enquêtes du journal sur les “papiers du Pentagon” et surtout pendant le Watergate. Enfin une grève de 5 mois paralyse presque le journal. Secteur très syndiqué, le pouvoir des “unions” menace presque la survie du journal lors des négociations des conventions collectives. C’est ici qu’on découvre une femme tenace : les presses du journal vandalisées elle organise la livraison des plaques de gravure par hélicoptères dans des imprimeries en banlieue. Elle tiendra et obtiendra gain de cause. La paix et la prospérité de la compagnie ne sera acquise que dans les années avec l’arrivée d’un nouveau président à ses côtés et le fruit des annés sous sa direction à renforcer la ligne éditoriale (elle a triplé le budget en 3 ans).

Katharine Graham a eu plusieurs vies, elle les raconte avec candeur, décrivant sa peur et ses pleurs lors de certaines réunions avec les directeurs de sa compagnie qui ne la ménagent pas. Amie de beaucoup de présidents elle est restée dans l’ombre comparativement à d’autres propriétaires de journaux. Une femme relativement discrète mais qui a réalisé beaucoup et fini par gagner un prix Pulitzer pour son autobiographie.

Categories : readings

Tags:

Applying Domain-Driven Design and Patterns: With Examples in C# and .NET - Jimmy Nilsson

by matthieu 6/8/2009 7:20:03 AM

couverture du livre

Etant interessé par le DDD et ayant déjà lu le livre d’Eric Evans qui est un peu la bible dans ce domaine, j’ai appris l’existence d’un autre ouvrage sur la question, qui plus est avec des exemples en C#/.NET. Il date de 2005, une éternité dans le secteur de l’informatique ce qui n’est pas gênant en soit vu qu’on parle de concepts. Mais il est vrai que si 4 ans auparavant le TDD, l’intégration continue étaient des choses “nouvelles” aujourd’hui leur adpatation est sinon comprise voire acquise.

J’ai bien aimé le cheminent adopté dans le chapitre 4 : en partnat d’une liste d’exigences on construit le modèle du domaine, chaque exigence servant d’exemple des problématiques classiques comme la validation, la recherche par critères, etc. Mais c’est aussi là que la confusion commence car le modèle d’ensemble est rarement abordé. On se perd un peu dans la succession des zooms faits sur telle ou telle parties.

Je dois dire que l’aspect .Net/C# est léger puisque d’une part on est en 2005 et que je trouve que les forces de C# vis-à-vis du DDD ne sont pas encore présents (comme les lambda expressions, Linq) et d’autre part on ne voit pas une architecture .NET mais un ensemble de frameworks comme NHibernate ou Spring.NET / Windsor pour l’IoC (pattern très bien abordé comme le reste des patterns rencontrés dans le livre).

Je suis un peu déçu même si ce livre constitue un complément très appréciable du livre Evans. Si c’est pour découvrir le DDD, je ne conseillerai pas cet ouvrage mais pour le DDD appliqué avec les bonnes pratiques dans un environnement .NET

Categories : readings | coding

Tags: , ,

Transférer sa liste de cadeaux Amazon

by matthieu 5/18/2009 12:10:00 AM

Il y a des petites choses comme ça qu’on change de pays qui ne semblent pas avoir pris en compte lors du dévelopement de produit ou alors elles font parties des 20% qui coûtent trop cher au regard du nombre de personnes qui vont l’utiliser. Depuis longtemps on peut utiliser son compte Amazon dans les différentes versions nationales du magain en ligne : Amazon.com, Amazon.co.uk ou Amazon.fr. Le carnet d’adresses, les préférences de paiement sont ainsi partagées. Mais la liste de cadeaux (wishlist) est propre à chaque pays, il m’est ansi arrivé de me tromper et de consulter une fiche sur Amazon.com et d’ajouter l’article dans ma liste de cadeaux pour ne pas la trouver plus tard sur Amazon.fr.

Quand on a une liste de livres contenant 47 items, on a envie de chercher un peu comment faire…

Premier essai : le service client. Celui-ci est toujours réactif mais d’aucune aide puisqu’il confirme que cela n’est pas possible :

Cher Internaute,

Merci d'avoir pris contact avec Amazon.fr.

Suite à votre message, nous vous informons qu'il n'est pas possible d'exporter votre liste cadeau d'Amazon.fr vers Amazon.ca. En effet les articles de votre liste cadeau Amazon.fr concernent des articles vendus sur Amazon.fr et non Amazon.ca. Il n'est donc pas possible d'exporter cette liste cadeau vers Amazon.ca.

Nous esperons que ces informations vous seront utiles.

Cordialement,

XXX

Service Client Amazon.fr

Nous construisons l'entreprise la plus centrée sur ses clients

Deuxième essai, plus geek : coder un petite application .NET ou Java qui manipule sa liste via les webservices d'Amazon. Mais bien q’il soit possible d’interroger une liste de cadeaux (l’API a changé de nom récemment,la documentation n’est pas complétement à jour ..) la modification par ajout n’est pas chose aisée.

Troisème essai, plus laborieux, la copie manuelle. Amazon utilise des urls lisibles, sans doute pour améliorer son SEO, qui sont valables dans tous les pays, sauf pour certains articles-éditions spécifiques :

  1. Choisir un livre dans sa liste Amazon.fr
  2. Visiter la page de  l’article en français (exemple : http://www.amazon.fr/Letter-Christian-Nation-Sam-Harris/dp/0307265773/ )
  3. Remplacer le .fr par .ca : http://www.amazon.ca/Letter-Christian-Nation-Sam-Harris/dp/0307265773/
  4. Cliquer surle bouton “Add to wishlist” sur la fiche du livre
  5. Supprimer l’article de la liste française
  6. Retour à 1

un peu laborieux mais efficace :) Maintenant vous pouvez consulter ma liste de cadeaux … sans avoir peur de l’envoyer à la mauvaise addresse.

Aube d’acier – Charles Stross

by matthieu 5/12/2009 10:53:00 PM

couverture du livre

Aube d’acier est la suite de Crépuscule d’acier, du même auteur, Charles Stross. J’ai découvert au passage le site web de l’écrivain (ainsi que son blog/journal). On retrouve les deux héros du premier tome, Rachel Mansour et Martin Springfield, bien qu’ils partagent maintenant le devant de la scène avec Mercredi. Cette adolescente appartient au groupe de survivants d’un monde qui vient d’être exterminé. Lors de l’évacuation de sa station, elle retrouve des documents compromettant pour les protagoniste de l’attaque sur son monde. S’en suit une enquête sur un paquebot spatial impliquant aussi un journaliste/blogger, sorte de grand reporter des batailles galactiques et les Recompilés, une race qui ressemble beaucoup à la Stasi.

Même si on retrouve un peu la même intrigue, on ne se fatigue pas à lire Charles Stross car il apporte une légéreté dans le récit qu’on trouve rarement en science-fiction. Cet humour est à l’image de la candeur (peut-être aussi naïve) des fins qu’il donne aux histoires.

Categories : readings

Tags:

Identification des schémas – William Gibson

by matthieu 4/19/2009 12:57:39 AM

couverture du livre

On s’ennuie pas dans ce roman du romancier d’origine canadienne William Gibson. On suit l’enquête de Cayce Pollard sur le Film, mème internet autour de séquences vidéos constituant sinon un film tout au moins une œuvre attirant l’intérêt de groupe divers. Fille d’un contractant de la CIA disparu le 11 septembre 2001, Clayce est une consultante en design qui a une sensibilité particulière envers les marques (le passage sur sa phobie de Tommi Hilfiger est très drôle).

Tous les personnages ont un lien direct ou indirect avec la quête pour trouver l’auteur mais on reste toujours en compagnie de Clayce à Londres, Tokyo ou Paris. C’est sûrement un roman moins technologique que les livres de William Gibson mais cela n’enlève rien à son intérêt. Il n’y a rien d’évident, ni les personnages ni leurs actions. On pense un moment voir un couple se former comme on le voit souvent mais c’est pour mieux rebondir.

Peut-être pas un grand livre de science-fiction mais un très bon thriller !

Categories : readings

Tags:

Crépuscule d'acier – Charles Stross

by matthieu 3/31/2009 4:20:00 AM

Un bon livre de SF pour changer. il est court, couverture du livrebien écrit et drôle. On ne s’ennuie pas dans les 500 pages dans ce livre de hard-sf. On a affaire au Festival, une entité non humaine qui s’approche d’une planète de la Nouvelle République qui n’a rien de nouveau. Au contraire cette société est arrêté dans le temps, et la technologie est proscrite de la vie de la plupart des habitants.

Le festival bouleverse cette équilibre, l’histoire du livre étant divisé entre les évènements sur la planète et la tentative de la planète mère pour sauver sa colonie. On fait la connaissance ainsi de l’Eschaton qui n’aime pas qu’on touche au sacro-lien de causalité.

Les deux personnages principaux, une représentante de l’ONU (une sorte 007 des temps spatiaux) et un ingénieur un peu dépassé par les évènements mais si innocent sont aussi très attachants. Plié en 3 jours, ce livre fut un vrai plaisir à dévorer !

Categories : readings

Tags:

Gig: Americans Talk About Their Jobs - John Bowe - Marisa Bowe - Sabin Streeter

by matthieu 3/22/2009 2:33:54 AM

couverture du livre

Ce livre est inspiré d’un classique peu connu (que je n’ai pas lu) : Working qui est sorti en 1972. Le principe est le même : on interview des personnes qui parlent de leur travail. Le livre fait 500 pages et tous les secteurs y passent. On peut se fatiguer en lisant trop d’une traite mais le résultat est très intéressant. Il est fascinant de voir la diversité des profils, métiers. Certains sont tristes, je pense à cet immigré mexicain dans une usine d’abattage de poulets et d’autres très rafraîchissants comme le vendeur de cacahuètes grillées au bord de la route (certains de ses clients font demi-tour pour en racheter après les avoir goûté au volant!). On voit la passion aussi dans des professions qui n’ont pas une image glorieuse comme le producteur de musique (ce livre a été écrit en 2000, on ne parle trop de P2P, de facebook etc.).

Au final ce livre n’a pas de prétention sociologique, il ne faut pas en tirer de grands enseignements mais il est certainement engageant de voir la diversité des activités humaines dans la vie de tous les jour. 10 ans ont passé depuis l’écriture de ce livre et je demande si une suite afin de retrouver les personnes interrogées serait possible.

Categories : readings

Tags: ,

Voiture

by matthieu 3/8/2009 12:07:22 AM

voiture abondonnée

Une voiture abandonnée depuis quelques mois.

J’ai ajouté ce livre à ma liste de cadeaux sur Amazon après avoir lu l’interview de l’auteur sur Salon.com, sa lecture ne doit pas être facile, à tout point de vue.

John Stuart Mill: Victorian Firebrand - Richard Reeves

by matthieu 2/19/2009 7:12:00 PM
couverture du livre

La dernière biographie m’avait laissé une mauvaise impression, mais les critiques de ce livre de Richard Reeves étaient trop bonnes et m’ont persuadé d’enchaîner deux livre du même genre. Je dois avouer que même ayant suivi un cursus d’économie, le nom de John Stuart Mill m’était presque inconnu. Bien sûr je savais que c’était un personnage de la vie publique anglaise mais sans pourvoir exactement remettre une politique, un titre de livre ou une citation sur ce nom.

Mill est un contemporain de l’Angleterre qui se transforme : révolution industrielle qui apporte une expansions économique énorme, l’Inde qui commence à se rebeller, le train qui fait son apparition. Grand admirateur de la France, où il vivra la plupart de ses dernières années, il est aussi un grand marcheur : il parcoure souvent lors de ses vacances prolongées les montagnes et campagnes de pays comme l’Italie et la Grèce.

Mill a beaucoup produit : des articles (il fut même rédacteur en chef), des livres (Sur la liberté, Principes d’économie politique,  …), des lois (il effectua un mandata avec un succès relatif comme député) et une correspondance massive. Il était pourtant employé par la Compagnies des Indes (pays qu’il ne visita jamais) comme gestionnaire, emploi bien payé et dot il pouvait dégager du temps.

Si je devais résumer la vision que je garde de Mill en deux mots, cela serait : clairvoyant et exigent. Il a été éduqué par son père et Bentham, le philosophe a l’origine du courant Utilitariste. Mais il va s’en démarquer, affiner, contredire son héritage. Il restera comme un penseur libéral mais dans le sens où les libertés individuelles sont très importantes sur le développement des êtres humains. Dans cette optique il est méfiant envers toute forme de contrôle comme la religion, l’Etat dans son expression la plus paternaliste. Mais ce n’est pas un révolutionnaire, le suffrage universel n’est pas souhaitable tant que l’Angleterre n’a pas une classe ouvrière un minimum éduqué : il se méfie beaucoup de la tyrannie des masses.

Ce qui m’a marqué c’est la simplicité avec laquelle il déduit des principes qui, à son époque, sont loin d’être évidents (même pour ses admirateurs ou compagnons du mouvement radical) : la question de la race, de l’intervention de l’Etat, la liberté individuelle, les conventions sociales. L’un des plus connu étant l’égalité entre les hommes et les femmes il y consacra même la plupart de ses activités vers la fin de sa vie.

Categories : readings

Tags:

Talleyrand Le prince immobile - Emmanuel de Waresquiel

by matthieu 1/11/2009 2:26:00 PM

couverture du livre Ce livre qui est une biographie du prince de Talleyrand est aussi un rattrapage de cours d’histoire. Le personnage est mort à 84 ans ce qui est presque exceptionnel pour l’époque. Avec une si grande longévité et une époque aussi trouble que la France de 'l’après-révolution, on est étonné du parcours. Il a connu l’Ancien Régime, la Révolution, Le Directoire,Le Consulat, L’Empire et  deux Restaurations ! Bien sûr il a connu aussi l’exil, des périodes de traversée du désert mais il a sû rester influent et intervenir aux bons moments, surtout au congrès de Vienne.

L’homme a mauvaise réputation. L’auteur revient souvent sur l’image donnée par les contemporains (dont Chateaubriand) et ses précédents biographes : un opportuniste qui n’a pas conscience et qui est capable de n’importe quelle trahison dont celle de son pays. C’est ce qui m’a un peu irrité : n’étant pas aussi imprégné des préjugés sur l’homme j’en ai trouvé la réhabilitation par l’auteur un peu forcée. C’est même étonnant de la part d’un historien d’utiliser autant de jugement définitif. D’accord c’est une biographie mais celle de d’Andrew Carnegie ne m’avait pas surpris par une admiration aussi déclarée.

L e texte est bien écrit, les chapitres bien dimensionnés afin ne pas perdre le fil de l’histoire d’une vie somme toute compliquée. Talleyrand est connu pour ces bons mots, on en profite bien. Finalement c’est un homme “charnière” : il a connu l’Ancien Régime et l’entrée de la France dans une époque moderne.